Vous avez dit "métiers d'homme" ?

Métiers
Vous avez dit "métiers d'homme" ?

Coffreur, conductrice d’engins, chargée d’opération … Loin des clichés, les métiers techniques et les responsabilités se déclinent aussi au féminin dans le BTP. Voici quelques portraits de collaboratrices dont la présence et le parcours au sein de Bouygues Construction relève de tout sauf du hasard.

Adeline, coffreur-bancheur

Femme de terrain, cette Nancéenne de 31 ans croise le chemin de Pertuy Construction, filiale de Bouygues Construction dans le nord-est de la France, en 2008. Une révélation. Très motivée, elle est embauchée sur un poste de bancheur. "Je ne connaissais rien aux métiers du BTP mais ils m’ont fait confiance." Les débuts sont difficiles : elle doit s’endurcir physiquement, assimiler le vocabulaire et se faire accepter par les compagnons. "Une femme doit avoir beaucoup de volonté pour réussir." Sa ténacité force l’admiration de son entourage. "Mes amis me surnomment la bétonnière !" Après huit chantiers, elle n’aspire qu’à une chose : devenir Compagnon du Minorange et rejoindre ainsi les meilleurs ouvriers distingués dans le Groupe Bouygues depuis 1963.

 

Srimalie, ingénieur

Srimalie, qui travaille chez Brézillon, filiale de Bouygues Bâtiment Ile-de-France, a toujours eu une vocation pour le BTP, "une filière concrète où l’on peut mener un projet de A à Z." Dès son arrivée, elle effectue une journée d’immersion en tant que compagnon sur un chantier. "J’ai demandé à ne subir aucun traitement de faveur et je n’ai pas été déçue du voyage : je n’ai jamais ressenti une telle fatigue physique". Physiquement, elle le conçoit, le métier est plus difficile pour une femme. Mais elle se bat au quotidien pour prouver qu’une femme en est capable. Une expérience mémorable : la réhabilitation d’une cité à Arcueil, un chantier en site occupé. "J’ai pu surmonter les difficultés techniques et sociales de ce projet, tout en améliorant la marge du chantier."

 

Sophie, conductrice d’engins

Passionnée par la mécanique et les engins, Sophie a conduit son premier tracteur à neuf ans et a longtemps envisagé de reprendre l’exploitation familiale. Mais, en 2006, des bus de recrutement pour le chantier de l’EPR de Flamanville sillonnent la région. Elle dépose sa candidature et est embauchée chez DTP Terrassement, filiale de Bouygues Construction spécialisée dans les infrastructures terrestres. Baignant dans un univers masculin depuis l’enfance, elle n’a jamais pensé que ce serait difficile de travailler entourée d’hommes. "Je serre la main à tout le monde comme ça il n’y a pas d’ambigüité possible." Elle note tout de même une différence entre hommes et femmes sur le chantier : "une femme ne peut pas se contenter de faire, elle doit faire plus".

 

Meryem, responsable commerciale

Meryem a travaillé cinq ans en qualité d’ingénieur travaux au Maroc et au Turkménistan. Si elle en appréciait les relations humaines, elle ne regrette pas l’impératif de mobilité lié au métier. "Lorsque l’on veut fonder une famille, ce n’est plus aussi simple de s’expatrier." En 2002, elle est nommée responsable commerciale chez Bymaro, filiale marocaine de Bouygues Bâtiment International. Elle découvre ce métier complexe où, elle le sait, "on ne gagne pas à tous les coups". Mais à 39 ans, Meryem a su faire ses preuves. En 2010, nommée directrice adjointe, elle intègre le comité de direction de Bymaro. Une fierté. "Le bâtiment se féminise : nous sommes trois femmes et quatre hommes." Meryem prouve ainsi que la mixité dans le BTP, c’est possible.

 

Catherine, chargée d’opération

Catherine a toujours su qu’elle travaillerait dans la technique. Son premier entretien d’embauche est pourtant mémorable : "les dirigeants m’ont reçue uniquement pour me dire qu’une femme n’était pas capable de faire le travail d’un homme". Cela ne l’a pas empêchée d’avancer. D’abord technicienne courants forts/courants faibles pour Bouygues Energies & Services sur le site de Challenger, le siège de Bouygues Construction, elle est promue cinq ans plus tard responsable. La deuxième corde à son arc : le management. Responsable des travaux et de l’exploitation multi-technique de Challenger, elle gère au quotidien une équipe de 20 personnes, dont 19 hommes. "Je suis disponible 24h/24, c’est important que mon équipe sache qu’elle peut compter sur moi."